Qu'est-ce que l'arthroscopie ?
L'arthroscopie est une technique chirurgicale permettant de visualiser l'intérieur d'une articulation à l'aide d'une caméra miniaturisée (arthroscope) introduite par de petites incisions de quelques millimètres. Elle constitue à la fois un outil de diagnostic très précis et un moyen de traitement mini-invasif des lésions intra-articulaires du genou.
Cette technique, largement éprouvée, offre de nombreux avantages par rapport à la chirurgie classique à ciel ouvert : cicatrices réduites, moindre traumatisme des tissus, diminution de la douleur post-opératoire et récupération fonctionnelle accélérée.
Indications
Principales indications de l'arthroscopie
L'arthroscopie du genou est indiquée dans de nombreuses pathologies :
- Lésions méniscales : méniscectomie partielle (retrait du fragment lésé) ou suture méniscale (réparation) en fonction du type et de la localisation de la lésion
- Reconstruction du ligament croisé antérieur : la ligamentoplastie est réalisée sous arthroscopie (techniques DIDT ou Kenneth-Jones)
- Lésions cartilagineuses : régularisation des lésions chondrales, microfractures pour stimuler la cicatrisation
- Corps étrangers intra-articulaires : retrait de fragments osseux ou cartilagineux libres responsables de blocages
- Pathologies de la synoviale : synovectomie en cas d'inflammation chronique (chondromatose synoviale, synovite villonodulaire…)
- Lavage articulaire : dans certaines pathologies dégénératives pour diminuer l'inflammation
- Biopsies : prélèvements de tissu synovial pour analyse
Quand l'arthroscopie est-elle proposée ?
L'arthroscopie est envisagée lorsque le traitement médical (repos, anti-inflammatoires, kinésithérapie, infiltrations) n'a pas permis d'améliorer suffisamment les symptômes, ou lorsque la nature de la lésion impose un geste chirurgical.
Un bilan d'imagerie préalable (radiographies standard et IRM) est indispensable pour confirmer le diagnostic et planifier le geste opératoire.
Déroulement de l'intervention
Avant l'intervention
Consultation d'anesthésie : obligatoire au moins 48 heures avant l'intervention. L'anesthésie peut être générale ou loco-régionale (rachianesthésie, blocs nerveux).
Préparation cutanée : une douche antiseptique (Bétadine) est réalisée la veille et le matin de l'intervention. Les ongles doivent être courts et propres, tout vernis doit être retiré.
À prévoir :
- Cannes anglaises
- Bas de contention
- Ensemble du dossier d'imagerie (radiographies, IRM)
Au bloc opératoire
L'intervention se déroule au bloc opératoire, sous anesthésie.
Installation : un garrot pneumatique est placé à la racine de la cuisse pour interrompre temporairement la circulation sanguine et assurer une visibilité optimale.
Incisions : deux petites incisions (portails) d'environ 5 mm sont réalisées de chaque côté du tendon rotulien. L'une sert à l'introduction de l'arthroscope (caméra), l'autre aux instruments chirurgicaux.
Exploration : du sérum physiologique est injecté dans l'articulation pour la distendre et permettre une visualisation claire de l'ensemble des structures : ménisques, ligaments croisés, cartilage articulaire et synoviale.
Geste thérapeutique : le chirurgien réalise le traitement adapté à la lésion identifiée sous contrôle vidéo en temps réel. Des photographies opératoires sont prises et conservées dans votre dossier.
Suites opératoires
Récupération et soins post-opératoires
L'arthroscopie se pratique le plus souvent en ambulatoire : vous regagnez votre domicile le jour même de l'intervention, après accord du chirurgien et de l'anesthésiste.
Les premiers jours :
- Conserver le bandage 24 heures
- Glacer le genou 2 à 3 fois par jour pendant 15 à 20 minutes
- Surélever le membre dans la journée
- Pansements par une infirmière 3 fois par semaine
- Retrait des fils au bout de 15 jours
Appui et marche : l'appui est généralement autorisé immédiatement avec l'aide de cannes. La marche est reprise progressivement selon les recommandations de votre chirurgien.
Rééducation : elle débute quelques jours après l'intervention avec un kinésithérapeute. L'objectif est de retrouver rapidement la mobilité articulaire et le tonus musculaire.
Un petit épanchement post-opératoire (gonflement du genou) est normal et peut persister 3 à 4 semaines. C'est le résidu du liquide d'irrigation utilisé pendant l'intervention.
Reprise des activités
Les délais de reprise dépendent du type de geste réalisé :
- Méniscectomie partielle : reprise des activités en 2 à 6 semaines
- Suture méniscale : décharge partielle de 4 à 6 semaines, reprise plus progressive
- Ligamentoplastie : rééducation longue, reprise du sport pivot-contact à 7-8 mois
Un contrôle systématique est prévu en consultation entre 4 et 6 semaines après l'intervention.
Risques et complications
Même mini-invasive, l'arthroscopie reste une véritable intervention chirurgicale. Les complications sont rares mais doivent être connues :
- Infection : exceptionnelle grâce aux protocoles de prévention, mais impose une surveillance attentive de la cicatrice
- Phlébite : prévenue par un traitement anticoagulant et le port de bas de contention
- Hématome : généralement limité et résolutif spontanément
- Raideur articulaire : passagère, corrigée par la rééducation
- Lésion nerveuse : très rare, pouvant entraîner des troubles de sensibilité temporaires
Tout symptôme anormal (fièvre, rougeur, gonflement important, douleur du mollet…) doit vous faire consulter votre chirurgien ou appeler le secrétariat au 03 80 65 00 30.